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146 kg, et aucune app qui me parlait

Pourquoi j'ai construit Fitejunto. L'histoire, sans la pommade.

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J’ai commencé Fitejunto à 146 kg.

Pas par passion pour le code santé. Par exaspération. À chaque fois que j’ouvrais MyFitnessPal, Yazio ou Fitbit, je tombais sur la même chose : une interface conçue pour quelqu’un qui pèse 75 kg et veut perdre 5 kg avant l’été. Pas pour quelqu’un qui dépasse de 60 kg le poids “normal” et prend plusieurs traitements.

Ce qui clochait

Les objectifs proposés étaient irréalisables. “Perdre 1 kg cette semaine” — sans contexte sur le rebond hormonal, l’effet diurétique des premières semaines, le faux espoir qui suit la première stagnation. Tu commences. Tu craques. Tu te sens nul. Tu désinstalles.

Les exercices recommandés étaient les mêmes qu’on propose à un coureur du dimanche : 30 burpees, 50 squats, une minute de planche. À 146 kg, un burpee c’est une rupture de tendon en cours. Tu fais ça, tu te blesses, tu te dis “je suis pas fait pour ça”, tu désinstalles.

Le chat coach, quand il existait, te disait “courage, prends soin de toi”. Zéro adaptation. Zéro mémoire. Tu reposais la même question trois jours plus tard, mêmes platitudes en retour.

Ce que je voulais

Une app qui comprenne qu’à 146 kg, le but de la première semaine c’est pas de perdre 2 kg. C’est de marcher quinze minutes sans s’arrêter. Et de noter ce qu’on a mangé, sans qu’une notification te culpabilise à 22 h parce que t’as dépassé tes calories.

Une app qui sache qu’un traitement contre l’hypertension ou la dépression affecte la fatigue, l’appétit, parfois le poids lui-même — et qui en tienne compte au lieu de te dire “tu as encore mangé 2400 kcal, tu peux faire mieux”.

Une app qui adapte la séance quand tu reportes deux fois dans la semaine, au lieu de te programmer la même routine impossible le lundi suivant comme si rien ne s’était passé.

C’est ça que je voulais. Aucune ne le faisait. J’ai construit la mienne.

Pourquoi je le dis maintenant

Parce que Fitejunto sort de beta. Et avant que tu cliques “Essayer gratuitement”, je voulais que tu saches pour qui c’est fait, et pour qui ça n’est pas fait.

Si tu pèses 65 kg, tu veux te muscler les bras, et t’as deux ans de salle dans les pattes — il y a des apps mieux que la mienne. Hevy. Strong. Strava. Solides outils.

Si tu pars de loin — physiquement, mentalement, par épuisement — c’est pour toi. Pas parce que je vends “le coach gentil qui te comprend”. Parce que j’ai conçu chaque écran pour quelqu’un qui en a déjà eu marre dix fois.

J’écris ce blog au fur et à mesure. Les prochains articles parleront du décrochage à deux semaines, du post-partum, de la ménopause, des douleurs articulaires. Avec des données, pas des slogans.

— Julien